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Impayés entre professionnels : quelles démarches avant de saisir le tribunal ?

Une facture impayée peut rapidement fragiliser la trésorerie d’une entreprise. Lorsqu’un client professionnel ne règle pas une prestation réalisée ou des marchandises livrées, il est essentiel d’agir avec méthode, sans attendre que la situation ne se dégrade.

Avant d’engager une procédure judiciaire, plusieurs démarches permettent souvent d’obtenir un règlement tout en préservant, lorsque cela est possible, la relation commerciale.

  1. Vérifier que la créance est exigible et correctement justifiée

La première étape consiste à réunir l’ensemble des éléments démontrant l’existence de la dette : devis ou bon de commande accepté, contrat, bon de livraison, procès-verbal de réception, échanges de courriels, facture émise et conditions générales de vente.
Il convient également de vérifier la date d’exigibilité de la facture. Entre professionnels, les délais de paiement sont encadrés : sauf règles particulières ou accord conforme entre les parties, le délai de règlement ne peut en principe pas dépasser 60 jours à compter de la date d’émission de la facture, ou 45 jours fin de mois sous certaines conditions. Une créance claire, justifiée et arrivée à échéance constitue une base indispensable pour engager un recouvrement efficace.

  1. Privilégier une première relance amiable

Un simple oubli, une difficulté administrative ou un décalage de trésorerie peut expliquer un retard de paiement. Une relance téléphonique ou un courriel courtois permet parfois de résoudre rapidement la situation.

Cette première démarche doit toutefois rester précise : elle rappelle le numéro de la facture, son montant, sa date d’échéance et sollicite une date de règlement ferme. Si le débiteur rencontre des difficultés financières ponctuelles, un échéancier peut être envisagé. Cet accord doit être formalisé par écrit afin de fixer clairement le montant et les dates des versements, ainsi que les conséquences d’un éventuel défaut de paiement.

  1. Adresser une mise en demeure de payer

En l’absence de règlement malgré les relances, l’envoi d’une mise en demeure constitue une étape importante.
Adressée de préférence par lettre recommandée avec avis de réception, elle doit identifier précisément la facture concernée, rappeler le fondement de la créance, détailler les sommes réclamées et fixer un délai raisonnable pour payer. Elle permet de formaliser la demande et de démontrer les diligences entreprises avant toute action contentieuse.

Dans les relations entre professionnels, des pénalités de retard sont dues à compter de l’échéance de la facture. Une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros est également applicable pour chaque facture impayée, à condition que ces mentions figurent dans les conditions de règlement et sur les factures.
La mise en demeure peut être rédigée et adressée par un avocat. Son intervention permet de donner un cadre juridique clair à la demande, d’évaluer les sommes réellement exigibles et d’adapter la stratégie à la situation du débiteur.

  1. Évaluer la situation du débiteur

Avant de saisir le tribunal, il est utile de s’interroger sur la solvabilité du client et sur son éventuelle situation financière difficile.

Une société faisant l’objet d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire est soumise à des règles particulières. Dans ce cas, les poursuites individuelles sont en principe encadrées et le créancier doit accomplir les démarches adaptées pour déclarer sa créance dans les délais impartis.

Agir rapidement est donc essentiel : attendre trop longtemps peut compliquer le recouvrement et réduire les chances d’obtenir un paiement.

  1. Envisager une solution négociée ou une médiation

Lorsque le différend porte sur le montant de la facture, la qualité de la prestation ou l’exécution du contrat, une tentative de négociation peut être préférable à une procédure longue et coûteuse.
La médiation offre aux parties un cadre confidentiel pour échanger, comprendre les points de blocage et rechercher une solution équilibrée : paiement échelonné, remise partielle, reprise d’une prestation ou accord mettant fin au litige.

Elle est particulièrement adaptée lorsque les entreprises souhaitent maintenir une relation commerciale ou éviter une escalade du conflit.

  1. Saisir le tribunal lorsque les démarches amiables échouent

Si le débiteur ne répond pas ou conteste sans justification sérieuse sa dette, une procédure judiciaire peut devenir nécessaire.
Selon la nature et le montant de la créance, plusieurs voies peuvent être envisagées, notamment la procédure d’injonction de payer lorsque la dette paraît certaine, liquide et exigible. Cette procédure permet de demander au juge d’ordonner le paiement sur présentation des justificatifs utiles, tels que le contrat, les factures, les bons de commande et les courriers échangés.

Lorsque la créance est contestée ou que la situation présente une urgence particulière, une autre procédure peut être plus appropriée. Le choix de l’action dépendra notamment des clauses prévues au contrat, des preuves disponibles, du comportement du débiteur et des enjeux financiers du dossier.

Anticiper pour mieux protéger son entreprise
Le recouvrement des impayés se prépare dès la conclusion de la relation commerciale. Des conditions générales de vente adaptées, des délais de paiement clairement définis, des pénalités de retard correctement mentionnées et une facturation rigoureuse constituent des outils essentiels de prévention.

Face à un impayé, il est préférable de ne pas laisser la situation s’installer. Une action rapide, proportionnée et juridiquement sécurisée permet souvent d’obtenir un règlement avant qu’une procédure devant le tribunal ne devienne indispensable.

Maître Cassandra Quéméner accompagne les professionnels dans la prévention des impayés, les négociations amiables et les procédures de recouvrement de créances. »

 

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